mardi 5 mai 2009

Sécurité alimentaire, eau, VIH/sida, développement... tout est lié

C'est hier que prenait fin le G8 de l'Agriculture en Italie. Les membres ont rédigé leur déclaration, destinée aux dirigeants du G8 de juillet, pour faire avancer la cause de la faim dans le monde. N'oublions pas que, parmi les objectifs du Millénaire de 2000, on retrouvait celui de réduire de moitié la faim dans le monde et ce, d'ici 2015... L'atteinte de cet objectif n'est pas réaliste mais la cause n'est pas encore perdue. Pour faire court, la déclaration des membres du G8 de l'Agriculture peut se résumer ainsi:
  • la sécurité alimentaire doit se retrouver au coeur des débats internationaux
  • il faut créer des politiques internationales qui reconnaissent les liens entre l'agriculture et le développement, l'économie, l'environnement, l'éducation, l'emploi et la sécurité sociale
  • il faut augmenter les investissements publics et privés dans le développement rural durable et la protection de l'environnement. Dans la même veine comprendre que, à cause de l'augmentation de la population mondiale, les gouvernements doivent se pencher sur les changements climatiques et la gestion durable de l'eau et autres ressources naturelles

Dans nos propositions au J8, nous parlions entre autres d'une gestion de l'eau par bassins versants, une forme d'énergie de la biomasse mais à partir des déchets, etc... En fait, nos propositions résument bien ce que les membres du G8 de l'Agriculture avançaient hier:

- il faut faire une gestion coopérative des resources naturelles

- il faut adresser le problème ou la réalité suivante: tout est lié! La faim, la pauvreté, les maladies infectieuses dont le VIH/sida et les problèmes environnementaux et sociaux sont intimement liés à la sécurité alimentaire.

Par exemple, en Afrique subsaharienne, une personne infectée par le sida est physiquement plus faible donc travaille moins aux récoltes. Les récoltes deviennent plus maigres donc, problème à nourrir la famille. Souvent ce sont les femmes et les enfants qui seront les premières victimes de la faim. La mère ne peut plus nourrir son enfant et va malheureusement aller vers la sexualité, la prostitution dans la grande ville pour subvenir à ses besoins. Elle est à fort risque de contracter elle-même le sida et de la transmettre à ses enfants. Un enfant atteint du sida ne peut participer au développement de sa communauté, il ne peut aller à l'école, d'où les problèmes d'éducation. Sans éducation, comment réussir à s'élever au-delà du cercle vicieux de la pauvreté? Plus la famille est pauvre, plus la faim est présente, plus les risques augmentent... et ça recommence. Sans compter le mouvement de population causé par la faim. Ces déplacements mettent en péril l'environnement et les ressources naturelles non protégées ou mal gérées.

La sécurité alimentaire est la base de tout. L'accès à une nourriture de qualité en quantité suffisante apporte une meilleure alimentation = moins d'absentéisme aux récoltes pour cause de malnutrition, meilleur alimentation pour les malades, meilleure éducation, meilleur rendement communautaire, développement économique, gestion efficace des ressources, ...

Si les gouvernements s'y mettent, il est possible de renverser la vapeur et de mettre en place des politiques internationales efficaces:

  • développement de l'agriculture en zone rurale, en collaboration avec les fermiers
  • développement de l'agriculture en zone urbaine, particulièrement dans les bidonvilles (jardins communautaires, sur les toits, ...)
  • gestion coopérative des ressources naturelles
  • apport des femmes en micro crédit agricole
  • accès aux TIC pour les populations éloignées afin que celles-ci puissent connaître les cours du marché et ainsi, avoir un meilleur prix pour leur récolte, en accord avec le marché dans les grandes villes

2015 est trop près pour espérer atteindre l'objectif de réduire de moitié la faim dans le monde. Mais en travaillant ensemble sur la sécurité alimentaire, nous pourrions atteindre plus d'un objectif du Millénaire en quelques années de plus: réduire la faim, le sida et la pauvreté dans le monde!

C'est un pensez-y bien...

C'est un point pour lequel nous sommes particulièrement sensibles et nous allons en discuter très sérieusement avec les autres délégations si nous avons la chance de nous rendre au J8. Les jeunes sont innovateurs, créateurs. Ils ont cette capacité de toucher au coeur du problème de façon simple, directe et efficace.

C'est un point qui nous touche d'autant plus que nous sommes dans un milieu agricole, qu'un membre de notre équipe vit sur une ferme et qu'il voit à chaque jour les désastres causés par les grands cultivateurs autour de lui...

Un grand dossier à suivre pour nous.

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